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Communication chimique des collemboles

L’article de ce site consacré à leur reproduction mentionne les parades amoureuses observées chez certaines espèces de collemboles. Ces danses nuptiales attestent, à minima, l’existence d’une communication gestuelle faisant probablement appel à la perception tactile et/ou visuelle des collemboles. Mais on doit souligner que cette dernière demeure rudimentaire, voire inexistante chez certaines espèces. Dans ce cas, lorsque ces animaux évoluent dans des environnements sans lumière ou faiblement...

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Avant-propos

En 2016, je partageais un poste d'observation ornithologique avec une amie qui, au terme d'une longue attente infructueuse, me dit « Salut Philippe, je quitte les lieux. Inutile d'insister, nous ne verrons rien aujourd'hui, autant aller photographier des collemboles... » J'acquiesçais d'un air convenu, bien qu'ignorant ce qu'étaient les collemboles en question, apparemment si difficiles à photographier

De retour chez moi, quelques investigations me permettent de découvrir ces arthropodes Surpris d'apprendre qu'ils comptent parmi les plus répandus sur Terre. Je me mets en quête de les observer. Mes premières sorties sont terriblement décevantes, pas le moindre collembole en vue. Il me faudra déployer une bonne dose de persévérance pour enfin parvenir à les localiser alors qu'ils m’apparaissent infiniment plus petits que je ne les avais imaginés. Dorénavant, au moins, je saurai ce que je dois chercher.

Lorsque j'évoque le sujet, je réalise à quel point les collemboles sont méconnus. La pauvreté d'ouvrages de vulgarisation (hormis un petit guide1, un remarquable album photo2 ou quelques publications3), je ne trouve que des articles scientifiques trop pointus pour être abordables aux néophytes. Sur internet, je croise quelques pages "perso" qui, sans être dénuées d'intérêt, me laissent sur ma faim. Heureusement, je découvre un site incontournable qui deviendra ma référence.

De même que l'astronomie avait accaparé mon temps (mon site astronomie) il y a quelques années, mon incursion au pays fascinant des "artisans de la terre" que sont les collemboles m'a tout autant passionné. Ma rencontre avec ces minuscules animaux et le désir de les observer ou les photographier m'ont toutefois imposé quelques dépenses en achats de matériel, sans lequel il serait très difficile d'accéder à un monde aussi fascinant. J'ai souhaité partager ma "découverte" à travers ce site qui, je l'espère, ne semblera pas trop superficiel au visiteur averti ou trop rébarbatif pour celui qui, comme moi, ignorait jusqu'alors l'existence même de ces lilliputiens.

Remarque : A propos de la taille des collemboles, je reproduis ici un histogramme extrait de la base de donnée BETSI. Cette illustration (établie par J.Bonfanti - 2018) montre la distribution de la longueur moyenne des collemboles (par pas de 0.2mm). Elle se base sur l'étude de 1292 espèces de collemboles d'Europe. La barre noire verticale, en pointillés, y indique la valeur moyenne du jeu de données analysées soit 1.44 mm.

Voici donc posée l'échelle dimmentionnelle à laquelle je vais être confronté pour effectuer mes prises de vue et les observations qui me serviront à illustrer ce site. 

 

En juillet 2022, alors que je lisais "Une mémoire de Mammouth"*, dernier ouvrage du paléontologue, aujourd'hui disparu, Yves Coppens, mondialement connu pour être, avec son équipe, le découvreur de notre ancêtre "Lucy". Quelle ne fut pas ma surprise d'y trouver mon nom, mentionné au paragraphe "une goutte de science" (chap 33).

Flatté qu'un membre de l'Académie des sciences, professeur au Collège de France, ait remarqué mon travail sur les collemboles, je ne pouvais qu'être conforté dans la poursuite de mon aventure auprès de ces petits animaux. Depuis 2021, j'ai réduit le temps que je consacre à traquer de nouvelles espèces et à les photographier, mais je reste cependant attentif à l'actualité scientifique les concernant et je m'éfforce d'enrichir ce site en m'inspirant des publications les plus abordables.

 

* Ref : ISBN : 978-2-7381-5768-3

 

 

Précision étymologique: Le terme français collembole est issu du grec ancien "κόλλα", kólla (colle) et "ἐμβάλλω", embállô (jeter dans).

Si le caractère sauteur du collembole est bien signifié par le terme grec embállô, la présence du terme kólla (colle) est moins évidente. On peut présumer qu’il vient du fait que les observations montrent la capacité du collembole à demeurer accroché à des parois lisses verticales ou même renversées. Mais lorsqu’on sait que les extrémités de ses pattes sont pourvues de griffes, le fait qu’il puisse se maintenir ainsi fixé reste énigmatique. On trouve alors une explication dans la morphologie du collembole, avec la présence d'un tube ventral nommé collophore - ko’lla (colle) fe’rein (porter) - cet organe est capable de maintenir le collembole sur des surfaces lisses, grâce à des sortes de micro-ventouses dont il est pourvu (voir ici). Ainsi, avons-nous une explication pour les deux particularités des collemboles ayant conduit à les baptiser ainsi.  

Le terme anglais Springtail, plus récent, est construit à partir des mots "spring" (sauter), à ne pas confondre avec son homonyme signifiant le printemps, et "tail" (queue). Dans la version anglaise de ce site j’utilise le terme springtail, plus usuel que Collembola, forme latine en usage chez les biologistes. Terme qui possède même son adjectif dérivé: collembolan.

 

Contactez moi pour tout commentaire ou information permettant d'enrichir ce site. 

 

Photo: Corinne Rolland - Photographe - Visiter sa galerie.

Ces animaux minuscules - Y.Coineau/R.Cléva/G.du Chatenet -Delachaux et Niestlé - 1997.
2  Planète collemboles, la vie secrète des sols - Biotope édition - Jérôme Cortet / Philippe Lebeaux
Le petit collembole illustré - Arvensis (2010) – Jean-Marc Thibaud / Cyrille A. D’Haese- (téléchargement n° 51-52)
3  Biology of the spingtails - Oxford University Press (1997) – Stephen P. Hopkin