En 2016, je partageais un poste d'observation ornithologique avec une amie qui, au terme d'une longue attente infructueuse, me dit « Salut Philippe, je quitte les lieux. Inutile d'insister, nous ne verrons rien aujourd'hui, autant aller photographier des collemboles... » (voir ma galerie d'oiseaux) J'acquiesçais d'un air entendu, bien qu'ignorant totalement ce qu'étaient ces collemboles en question.

De retour chez moi, quelques investigations me permettent de découvrir l'existence de ces arthropodes, parmi les plus répandus sur Terre et me décident parallèlement à tenter de les observer. Mes premières sorties sont terriblement décevantes, pas le moindre collembole en vue. Il me faut une bonne dose de persévérance pour enfin parvenir à les localiser alors qu'ils m’apparaissent infiniment plus petits que je ne les avais imaginés. Dorénavant, au moins, je saurai quoi chercher.

Lorsque j'évoque le sujet, je constate à quel point les collemboles sont méconnus. D'autre part, je mesure la pauvreté d'ouvrages de vulgarisation, hormis un petit guide1, un album photo2 ou quelques publications3, je ne trouve que des articles scientifiques trop "pointus" pour un néophyte. Sur internet, je croise quelques pages "perso" qui, sans être dénuées d'intérêt, me laissent sur ma faim. Heureusement, je découvre un site incontournable qui deviendra ma référence.

De même que l'astronomie avait accaparé mon temps (mon site astronomie) il y a quelques années, mon incursion au pays fascinant des collemboles m'a tout autant passionné. Ma rencontre avec ces minuscules animaux et le désir de les observer ou les photographier m'ont toutefois imposé quelques dépenses en achats de matériel, sans lequel il serait très difficile d'accéder à un monde aussi fascinant. J'ai souhaité partager ma "découverte" à travers ce site qui, je l'espère, ne semblera pas trop superficiel au visiteur averti ou trop rébarbatif pour celui qui, comme moi, ignorait jusqu'alors l'existence même de ces lilliputiens.

Précision étymologique: Le terme français collembole est issu du grec ancien "κόλλα", kólla (colle) et "ἐμβάλλω", embállô (jeter dans).

Si le caractère sauteur du collembole est bien signifié par le terme grec embállô , la présence du terme kólla (colle) est moins évidente. On peut présumer qu’il vient du fait que les observations montrent la capacité du collembole à demeurer accroché à des parois lisses verticales ou même renversées. Mais lorsqu’on sait que les extrémités de ses pattes sont pourvues de griffes, le fait qu’il puisse se maintenir ainsi fixé reste énigmatique. On trouve alors une explication dans la morphologie du collembole, avec la présence d'un tube ventral nommé collophore - ko’lla (colle) fe’rein (porter) - cet organe est capable de maintenir le collembole sur des surfaces absolument lisses, grâce à des sortes de ventouses dont il est pourvu (voir ici). Ainsi, avons-nous une explication pour les deux particularités des collemboles ayant conduit à les baptiser ainsi.  

Le terme anglais Springtail, plus récent, est construit à partir des mots "spring" (sauter), à ne pas confondre avec son homonyme signifiant le Printemps, et "tail" (queue). Dans la version anglaise de ce site j’utilise le terme springtail, plus usuel que Collembola, forme latine en usage chez les biologistes, qui possède même son adjectif dérivé collembolan.

 

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Photo: Corinne Rolland - Photographe - Visiter sa galerie.

Ces animaux minuscules - Y.Coineau/R.Cléva/G.du Chatenet -Delachaux et Niestlé - 1997.
2  Planète collemboles, la vie secrète des sols - Biotope édition - Jérôme Cortet / Philippe Lebeaux
Le petit collembole illustré - Arvensis (2010) – Jean-Marc Thibaud / Cyrille A. D’Haese- (téléchargement n° 51-52)
3  Biology of the spingtails - Oxford University Press (1997) – Stephen P. Hopkin