Également nommé collophore1, il est situé sur le premier segment abdominal (ci-dessus, images réalisées avec un au microscope électronique) 

Plus ou moins allongé selon les groupes (généralement plus long chez les Symphypléones), il est constitué d’un tube ventral et porte à sa base une paire de vésicules excrétiles à parois minces. (ci-contre2 à droite sur un Dicyrtomina ornata

Ces vésicules se rétractent dans le cylindre par l’intermédiaire de douze muscles dits rétracteurs. Les vésicules sont dotés d’organes sensitifs interprétés comme hydrorécepteurs, osmorécepteurs* et récepteurs pH (acidité/basicité) ainsi l’animal peut augmenter ou réduire ces valeurs en sortant ou en rétractant ses vésicules. La fonction principale du collophore est donc hydrique, à travers le transport de l’eau et des ions vers l’hémolymphe**.

Cet organe servirait à des fonctions secondaires, comme par exemple, grâce à une glande adhésive, à maintenir le collembole en place lorsqu'il évolue sur des surfaces lisses. On peut également citer la fonction respiratoire grâce au passage de l'oxygène à travers sa paroi fine.

Certains chercheurs pensent qu'il peut également jouer un rôle d'amortisseur après le saut. Pour les espèces sur lesquelles cet organe est très développé, il pourrait également servir pour la toilette. Le collophore jouerait également un rôle dans l'équilibre des électrolytes et la sécrétion d'un "liquide soignant". Ci-contre, à gauche2, le tube ventral d'un Dicyrtomima ornata et ci-dessous à droite2 un vésicule de Dicyrtomina sorti et en action.

On devrait l’appellation scientifique de "collembole" à John Lubbock (1834-1913) en raison de la présence de ce tube ventral, du grec κόλλα, kólla (colle) et έμβολο, emvolo (piston).

* Un osmorécepteur qualifie un senseur présent sur des cellules, sensible aux variations de pression osmotique.Un phénomène osmotique est relatif à l'osmose, à l'osmorégulation. La pression osmotique, un choc osmotique et l'action osmotique font appel aux différences de pressions entre deux milieux, généralement aqueux ou liquides. Ce qui est osmotique est souvent accompagné d'une phénomène hydrostatique.
Par exemple l'homme possède des osmorécepteurs (cellule nerveuse) qui informent le cerveau de l'état d'hydratation de l'organisme, et qui déclenchent la soif et la rétention d'urine. S'ils s'activent en cas de déshydratation, ils sont inhibés dès l'absorption de boisson, même si l'équilibre hydrique n'est pas encore restauré.

**  L'hémolymphe est le liquide circulatoire des arthropodes (insectes, arachnides…) dont le rôle est analogue au sang et au liquide interstitiel des vertébrés.

 

1 : Images d’après « Atlas of the biology of soil arthropods » - G.Eisenbeis et W.Richard (1985)

2 : Images par Philippe Garcelon