Remontons les ères géologiques pour observer notre Terre il y a 359/419 millions d'années. Tout commence durant la période du Dévonien et plus particulièrement celle du Dévonien supérieur où le règne végétal poursuit son développement prenant la forme de forêts dans lesquelles les plantes disposent de feuilles et de systèmes racinaires. Les fougères atteignent alors des tailles semblables à celles de nos arbres actuels et les premières plantes à graines font leur apparition. La prolifération de toute cette masse végétale est nommée "explosion du Dévonien". Une petite faune primitive existe déjà qui, confrontée à la diversité végétale, trouvera de nouveaux vecteurs d'évolution.Les continents émergés se résument alors à un gros bloc, nommé Gondwana dans l'hémisphère sud et à quelques autres blocs dont l'actuelle Amérique du Nord et la Sibérie. À ce stade, le continent européen n'est pas encore ébauché.
Durant cette ère, au niveau des conditions climatiques, on constate que les températures initialement très chaudes amorcent un lent refroidissement. Dans les océans dont le niveau est élevé dominent les ectoproctes*, brachiopodes** et coraux avec qui cohabitent des poissons couverts de plaques osseuses (placodermes) et les tout premiers poissons dotés d'écailles, bientôt rejoints par les premiers requins et par des poissons à arêtes, dont ceux dits à arêtes lobées qui sont nos lointains ancêtres. En effet, sur ces derniers, les nageoires évoluent pour former des pattes tandis qu'apparaissent des poumons qui leur autorisent une respiration hors de l'eau. Ces tétrapodes quittent progressivement les mers devenues froides pour aborder la terre ferme où ils peuvent se réchauffer. C'est ainsi que les étendues marécageuses se peuplent de nouvelles espèces.
Conséquence de l’explosion du Dévonien, les continents sont alors colonisés par une végétation qui pour se développer absorbe d’énormes quantités d'oxyde de carbone contenu dans l'air, réduisant de ce fait le taux de gaz à effet de serre et occasionnant ce refroidissement lent mais généralisé que je viens d'évoquer. Cette baisse des températures aura pour conséquence une extinction massive révélée par des études qui la situent vers -380 Ma et au cours de laquelle plus de 2/3 des espèces existantes disparaîtront de la Terre. Parmi les survivants, nous trouvons déjà les collemboles qui vont affronter bien d'autres épreuves...

Les Ectoproctes sont des organismes coloniaux, vivant directement fixés au substrat auquel ils sont fixés par des rhizoïdes (sortes de poils qui n'ont pas encore les fonctions des racines). Ils sont ramifiés et prennent la forme de petits arbres dressés ou des plaques encroûtantes.

**  Les Brachiopodes sont de lointains cousins des mollusques lamellibranches (moule, huître...).