L’approche photographique des collemboles et plus largement celle de la microfaune du sol se confronte à des difficultés techniques (photographier les collemboles) mais également à la nécessité de trouver ces animaux au sein de la litière ou des divers substrats qu’ils occupent. On peut se contenter de retourner délicatement les feuilles ou l’humus en espérant les discerner, mais on peut également effectuer des prélèvements de sol que l’on traitera avec un dispositif nommé « appareil de Berlèse ».

Cet appareil très simple, particulièrement utile pour récolter des échantillons de microfaune, a été conçu par l’entomologiste et botaniste italien Antonio Berlese. Ce dernier, partant du principe que la majeure partie de cette population des sols était lucifuge et qu’elle avait besoin d’humidité pour éviter la dessiccation, a imaginé un dispositif comportant une source de lumière et de chaleur susceptible de faire fuir la microfaune. Ensuite, il ne lui restait plus qu’à la canaliser vers un réceptacle.

On trouve dans le commerce des appareils de Berlèse prêts à l’usage, mais leur coût peut paraître élevé, compte-tenu du caractère rudimentaire d’un tel appareil, d’autant que sa fabrication est à la portée de chacun.

Ci-dessous, on peut voir celui que j’ai réalisé et qui a nécessité les éléments suivants pour un prix de revient inférieur à 30 euros (on peut imaginer bien plus simple encore cliquer ici):

  • Socle (planchette de bois).
  • Supports (petits tubes et profilés métalliques).
  • Douille, ampoule, Interrupteur, fil, colliers.
  • Entonnoir et grille aluminium.
  • Réceptacle.

Fonctionnement de l'appareil de Berlèse:

Après avoir effectué un prélèvement de sol, on le verse sur le tamis de l’entonnoir. Ce tamis a pour objet de retenir la matière afin de ne pas obstruer le goulot (détail ci-contre).

On allume la lampe et on attend que la chaleur de cette dernière dessèche progressivement le dépôt. Cette déshydratation aura pour conséquence de faire descendre la microfaune vers le fond où elle cherche l’humidité.

Arrivé au niveau du tamis, elle, tombera dans l’entonnoir et sera recueillie dans un réceptacle qui peut être rempli d’alcool à 70°, si on souhaite observer ces animaux sous binoculaire.

Remarque : Dans le cas où on souhaite simplement photographier ces petits animaux vivants, il suffit de recréer un fond naturel (mousse, bois décomposé, etc...) que l’on aura soin d’humidifier et à partir duquel on pourra réaliser directement des macrophotographies.